FRONT SOCIALISTE EUROPEEN F.S.E

FRONT SOCIALISTE EUROPEEN (FSE)

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"L'EDITO"

  

 

 

 

 

13 AOÛT 2008 :

L'ADIEU D'UN GEANT

 

          

               

 

 

 

La jeunesse, du moins celle qui a soif de liberté et qui rejette le conformisme petit-bourgeois, a besoin de références et d'exemples. Elle a besoin de héros, de personnages hors du commun qui montrent la voie de l'excellence. Dans la torpeur estivale, dans la nuit du 3 au 4 août dernier, un géant de 89 ans a rejoint le ciel, presque sur la pointe des pieds. Alexandre Issaïevitch SOLJENITSYNE, « Alexandre Le Grand », comme a pu titrer un quotidien populaire russe, est assurément une de ces références qui peut être source d'inspiration pour cette jeunesse.

 

 

 

Le courage, l'abnégation, l'insoumission, la résistance physique et mentale à un système, le sens du devoir, la droiture, l'amour pour son peuple, le rejet du matérialisme et de la société de consommation, cette jeunesse peut trouver chez cet homme une source inépuisable de motivations et toutes les valeurs auxquelles elle est attachée.

 

 

                  

 

 

Né en 1918, un an après la révolution bolchevique, orphelin de père dès l'âge de six mois, SOLJENITSYNE est un citoyen ordinaire. Il étudie les sciences et la littérature. Il participe au second conflit mondial au cours duquel il deviendra Capitaine. Mais en 1945, sa correspondance avec un ami est interceptée par le service d'espionnage. Ayant critiqué dans ses courriers la politique et les compétences de Staline, il est immédiatement arrêté par la police politique et condamné pour trahison à 8 ans de travaux forcés. SOLJENITSYNE n'est plus que le matricule CH-282, un « Zek », un prisonnier du régime enfermé dans un camp. Durant cette période il apprend qu'il est atteint d'un cancer et les médecins ne lui donnent que quelques mois de vie au mieux. Mais 4 ans après l'apparition de la maladie, comme un signe de cette force de la nature, SOLJENITSYNE est définitivement guéri. La victoire sur la maladie sera à l'origine du « Pavillon des cancéreux ».

 

 

               

 

 

 

En 1953 il est relégué à perpétuité au Kazakhstan et profite d'un relatif dégel au sommet du pouvoir pour écrire et publier en 1962 « une journée d'Ivan Denissovitch », inspiré de ses années passées dans un camp. Travailleur acharné et infatigable il écrit dans la clandestinité malgré le harcèlement du KGB et le retour des durs du régime avec l'arrivée de Brejnev. En 1970, il se voit attribuer le prix Nobel de littérature. Subissant une pression croissante de la police il fait passer clandestinement son œuvre majeure jusqu'à Paris et fait publier « L'archipel du goulag », fruit de plusieurs années de travail et de centaines de témoignages de prisonniers du goulag. Cette œuvre monumentale qui décrit et dénonce le système concentrationnaire de l'URSS fait l'effet d'une bombe partout dans le monde. Pour la première fois le mot « goulag » fait son apparition.

 

 

                 

 

 

Accusé de « trahison » et d' « incitation au fascisme », il est déchu de sa nationalité et finalement expulsé en 1974 en RFA. L'exil durera près de vingt ans, années durant lesquelles il s'installera dans un coin isolé du Vermont avec sa famille et où il consacrera chaque minute de son temps à son œuvre très engagée.

 

 

                

 

 

SOLJENITSYNE est l'incarnation de l'insoumission et de la dissidence. Il est le rebelle, l'anticonformiste, celui qui refuse la fatalité, que ce soit celle du système ou celle de la maladie. Il n'a pas été seulement cet insurgé qui s'est élevé contre le système communiste et qui a du riposter également aux attaques et accusations de ses alliés à travers le , notamment une partie de l'intelligentsia française. Il n'a pas épousé pour autant les valeurs de l'occident et des Etats-Unis. Dénonçant l'absence de morale de l'occident, ses valeurs décadentes, sa société de consommation, il y fut maintes fois accusé de nationaliste et d'espion Russe. Décrivant le rôle et les liens des juifs avec l'histoire de la Russie et lors de la révolution bolchevique, il a du également faire face aux accusations d'antisémitisme.

 

                                  

 

       

         En 1993 chez Bernard Pivot

 

 

 

De retour en Russie en 1994, après avoir assisté et contribué à l'effondrement de l'URSS, il dénonça les dérives de son pays voulant imiter le système occidental et adopter ses valeurs décadentes. Dénonçant la corruption, la pseudo démocratie, les pouvoirs exorbitant de l'argent et des médias, le suicide démographique Russe et apportant à la fin de sa vie son soutien à Vladimir Poutine, si peu apprécié par les médias occidentaux, on s'intéressa de moins en moins à lui en croyant déceler dans ses écrits et ses interviews des odeurs de fascisme.

 

              

      Avec le Président Vladimir POUTINE

 

 

Même si la disparition du géant Russe a nécessairement été évoquée (comment peut-on faire autrement devant une telle empreinte laissée dans l'histoire du Xxème siècle ?), il est flagrant que les médias se sont contentés du minimum syndical comme on dit. Rien à voir en tout cas avec le vacarme ahurissant orchestré des mois et des mois autour du cas d'Ingrid Bétancourt devenue une véritable « Sainte » à adorer obligatoirement et dont le curriculum vitae est inexistant au regard de celui du géant Russe. Par ailleurs aucun représentant officiel français n'a daigné se rendre aux obsèques de SOLJENITSYNE, alors que tout le monde était prêt à tuer pères et mères pour être vu et photographié avec l'icône de Colombie qui s'est même vue remettre la légion d'honneur à peine arrivée à Paris.

 

 

              

         L'hommage de la Russie

 

 

 

Les héros authentiques et les vrais exemples sont rares. C'est ce qui fait qu'ils sont hors du commun et qu'ils entrent dans l'histoire. SOLJENITYNE est un de ceux-là. Il n'est pas un de ces multiples héros de carton préfabriqués par les médias. C'est pour cela qu'il doit figurer au Panthéon des héros dont la jeunesse assoiffée a besoin. C'est en ce sens qu'il doit être pris en exemple. Devant les difficultés de tous ordres, les soucis financiers, les tracas administratifs, le harcèlement, les bâtons dans les roues, les attaques des adversaires, les calomnies, les insultes, les coups physiques même ou encore la maladie, il suffit de penser à tout ce qu'a pu et du endurer durant des décennies SOLJENITSYNE, à tout ce qu'il a surmonté, supporté, il a montré comment rester debout quoi qu'il arrive. Nous penserons nous aussi à lui, à son combat, à son œuvre, à sa force, lorsque nous aussi nous devrons nous battre pour rester debout et demeurer libre.  

 

 

                 

 

 

 

                     SOLFERINO

 



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