FRONT SOCIALISTE EUROPEEN F.S.E

12 MARS 2008: LE DERNIER POILU S'EN EST ALLE

12 MARS 2008 : DISPARITION DU DERNIER POILU FRANÇAIS DE LA GRANDE GUERRE

 

 

 

                        

 

 

 

Le 12 mars 2008 est décédé M. Lazare PONTICELLI à l'âge de 110 ans. Dernier survivant français de cette boucherie qui saigna de façon dramatique l'ensemble du continent européen, Lazare PONTICELLI, après avoir longtemps refusé des obsèques nationales, estimant notamment qu'on avait mis un peu de temps avant de s'intéresser aux poilus, avait finalement accepté sous réserve que ces obsèques soient simples et qu'elles soient en même temps l'occasion de rendre hommage à tous les morts de cette guerre civile européenne. Les obsèques nationales ont donc été organisées le 17 mars 2008 aux Invalides en présence des plus hautes autorités de l'Etat. A cette occasion une plaque rendant hommage à tous les soldats de la guerre de 14-18 a été dévoilée dans la cour du Dôme des Invalides.

 

 

Mais ce qui attire l'attention chez  Lazare PONTICELLI, outre les combats et la guerre auxquels il a participé et risqué mille fois sa vie et vu mourir de nombreux de ses camarades moins chanceux, c'est la modestie des ses origines et l'humilité dont il a fait preuve toute sa vie durant.  C'est avant tout en cela que son parcours est exemplaire.

 

 

Né dans une famille pauvre de sept enfants le 7 décembre 1897 dans le Nord de l'Italie, il a vécu ses premières années dans un petit village de montagne. Alors qu'il n'a que deux ans, sa mère, comme de nombreux italiens à l'époque, part pour Paris pour essayer de gagner un peu plus d'argent. Lui reste avec le reste de sa famille en Italie. Mais peu après, son père et l'un de ses frères décéderont brutalement. Confié à des voisins, Lazare PONTICELLI travaille dès l'âge de six ans. A neuf ans, il décide de prendre le même chemin que sa mère et prend le train pour Paris où il débarque sans un sou en poche, en sabots, ne sachant ni lire, ni écrire et ni parler français. A Paris il exercera différents métiers, comme ramoneur ou encore vendeur de journaux à la criée.

 

 

Au déclenchement du conflit, après avoir un peu menti sur son âge, il sera incorporé dans la légion étrangère et combattra près de Verdun. Avec l'entrée de l'Italie dans la guerre, c'est à contre cœur qu'il abandonne l'uniforme français pour la tunique italienne. Blessé grièvement à la joue, il repartira ensuite au front jusqu'à la fin du conflit.

 

De retour en France, il fonde avec des frères sa société, « Ponticelli frères » spécialisée dans le domaine de la construction et de la maintenance industrielle. Elle comptera jusqu'à plus de 3000 employés. Ce n'est qu'en 1939 qu'il obtient la nationalité française après l'avoir demandée.  Il prendra sa retraite en 1960 à l'âge de 63 ans. Comme tous les poilus ayant connu les horreurs de la guerre, il restera longtemps silencieux.

 

 

L'histoire de Lazare PONTICELLI est une histoire simple d'un petit italien qui va tellement aimer la France, son pays de cœur, qu'il sera prêt à tout donner pour elle et même à mourir pour elle. Il deviendra un français à part entière, s'assimilera totalement dans son pays d'accueil dans lequel il va totalement s'immerger. Alors qu'il était sans fortune, ne savait pas un mot de français et n'avait pas fait d'études, il fondera cependant une entreprise faisant vivre 3000 familles.  Lazare PONTICELLI, c'est l'histoire d'un de ces nombreux européens, italiens, polonais, ou espagnols qui en quelques décennies se sont parfaitement fondus dans le moule de la nation française au point qu'il aurait été impossible ou presque à qui que ce soit de trouver une différence entre un de ces immigrés et un français de souche plus lointaine.

 

 

La leçon de cette histoire, à la fois simple, unique, mais en même temps celle de nombreux européens ayant suivi le même parcours, plus ou moins chaotique, c'est que l'assimilation ne nécessite pas de moyens exorbitants, il n'y avait de territoires classés en ZEP, les immigrés fraîchement débarqués ne quémandaient pas, ils ne demandaient pas l'aumône, ils ne revendiquaient pas, ils ne demandaient pas le RMI, les allocations chômage. Ils étaient venus avec la farouche volonté de travailler, même dans les métiers les plus durs, les plus sales, les moins biens payés et les plus dangereux. Les conditions de vie étaient bien plus difficiles que de nos jours. Encore plus pour un nouvel arrivé que pour un français. Il n'y avait pas la sécurité sociale, il n'y avait pas les allocations chômage. Lazare PONTICELLI comme ses nombreux compatriotes venus en France à cette époque n'avaient pas de téléphone portable, de lecteur MP3, ni de chaussures ou de survêtements de marque. Même si par endroit, il y a pu y avoir des incidents et des difficultés, il n'y a pas eu de phénomènes comparables à ceux que nous connaissons depuis quelques années avec les émeutes de banlieues qui se généralisent et sont chaque fois plus violentes. L'excuse sociale à bon dos : au début du siècle, il n'y avait pas autant de gymnases, de stades, de moyens de transports. Il n'y avait pas toutes ces associations arrosées par les pouvoirs publics. Non l'assimilation n'est pas une question de moyens, de sous ou de subventions. C'est d'abord une question de caractère et de volonté individuelle. Celui qui n'aime pas la France, qui lui crache dessus, quand il ne lui pisse pas dessus, comme le font certains rappeurs, ceux-là sont incapables de suivre l'exemple de Lazare PONTICELLI. Les « jeunes issues de l'immigration » comme on les nomme dans les journaux sont des enfants gâtés à côté de Lazare PONTICELLI. Lui a réussi, sans rien, comme beaucoup d'autres,  à s'assimiler rapidement, comment se fait-il que malgré tous les moyens financiers déployés par les pouvoirs publics depuis des années, les immigrés de 2eme, 3eme ou 4eme génération, pour l'essentiel, originaires d'Afrique du nord ou d'Afrique noire soient toujours à l'écart ? Non, l'excuse sociale n'en est pas une. Le prétendu racisme des français non plus n'est pas une excuse recevable. Et si tout simplement le problème ne venaient pas des intéressés eux même ? Pourquoi imputer l'échec toujours aux autres et au système ?

 

L'histoire de Lazare PONTICELLI est en cela riche en leçons qu'il ne faut pas oublier et qu'il faut méditer.

 

 

                      SOLFERINO



Article ajouté le 2008-03-26 , consulté 52 fois

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