9 ET 16 MARS 2008: ENCORE UN VOTE POUR RIEN !
ELECTIONS DES 9 ET 16 MARS 2008 : ENCORE UN VOTE POUR RIEN!
Décidément, les scrutins et les soirées électorales se suivent et se ressemblent depuis 30 ans. Il n'y a finalement jamais de surprise. Au fond, seuls les commentateurs et les journalistes des plateaux télé font « comme si », … « comme s'il » y avait du suspense, … « comme si » les résultats allaient être déterminants pour l'avenir du pays et du peuple, … « comme si », pour entretenir et participer à cette immense duperie consistant à faire croire que la France était une grande démocratie, où il suffirait de glisser, librement évidemment, un bulletin dans une urne pour décider des grandes orientations du pays et faire plier toutes les contingences au verdict, qu'elles soient politiques, juridiques, administratives, économiques ou culturelles.

Les élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars derniers ont été une véritable caricature de cette comédie théâtrale qui perdure depuis des décennies. Comme chacun a pu le constater, il n'y a d'abord eu ni perdants, ni gagnants. Les représentants des partis du système paradant tous sur les plateaux pour tirer à soi la couverture et le bénéfice des résultats. Comme d'habitude on a assisté à un jeu de chaises musicales, des villes de « gauche » tombant entre les mains de la « droite », d'autres, de « droite », tombant entre les mains de la « gauche », idem pour les départements. L' « alternance » droite-gauche/gauche-droite devient désormais systématique et régulière.
Au final, que reste-il réellement moins de deux semaines après les élections ? Le sentiment ressenti par beaucoup, partagé de plus en plus, que cet évènement, comme les autres qui ont précédé, n'aura aucune influence sur les affaires de la collectivité. Les citoyens sont de plus en plus nombreux à ne plus y croire. Et si c'était cela d'abord le seul enseignement à retenir de ce scrutin ? La lassitude, le découragement, l'indifférence à l'égard de la « chose publique », et le détachement à l'égard d'institutions auxquelles le peuple reconnaît de moins en moins de légitimité et d'utilité. S'il n'y avait qu'un chiffre à retenir, ce serait celui-ci : 38%. Avec presque 40% d'abstention dans les villes de plus de 3500 habitants, ces élections ont été les moins mobilisatrices pour ce genre de scrutin depuis …1959, un record ! L'élection présidentielle n'avait donc été qu'une parenthèse, ce que nous avions déjà prévu.
Elles sont bien loin les grandes envolées lyriques de l'époque, récitées par les journalistes et les politiciens sur « le retour aux urnes des citoyens et l'amour du pays pour ses institutions. En réalité jamais le fossé n'a été aussi grand entre le peuple et ses élites. Ce scrutin s'inscrit dans la tendance constatée depuis presque 30 ans, période marquée par une démobilisation croissante des électeurs. - « Ca sert à rien les élections ! » - voilà ce que pourraient entendre les élites qui nous gouvernent si elles se promenaient dans les mêmes quartiers que le peuple, dans les bistrots, dans les usines ou dans le métro. Et ce n'est pas la mise à la poubelle par SARKOZY et l'UMPS du « NON » à la constitution européenne, franc et massif celui-là pourtant, prononcé par le peuple le 29 mai 2005, qui va ramener les citoyens aux urnes. Véritable déni de démocratie, rendant le peuple coupable d'avoir « mal voté », faisant adopter par les parlementaires un traité quasi identique a celui qui avait été rejeté démocratiquement, SARKOZY a renforcé le sentiment que les électeurs ne sont pas vraiment libres, mais qu'on les fait participer juste pour « faire croire que » . Ce ne sont pas non plus les piètres résultats des dix premiers mois de celui qui s'était présenté comme le candidat de la « rupture » qui inverseront la tendance : insécurité, émeutes de Villiers-Le-Bel, immigration clandestine, pouvoir d'achat en berne, envolée des étiquettes dans les magasins, l'immobilier toujours en hausse, taux de chômage « trompe l'œil », les délocalisations qui continuent à grande vitesse, en particulier dans l'industrie… Les Français ont le sentiment que si tout va bien pour le Président et son équipe ( beaucoup d'amis chez les grands patrons, vie privée hyper-médiatisée, jusqu'à la communication du prix des montres et bijoux offerts entre les nouveaux époux, « SARKOZETTES » habillées par Dior dans les magazines ), pour eux, en revanche, la vie est de plus en plus rude.
Les élections ont eu lieu il y a deux semaines et déjà elles sont comme tombées aux oubliettes. On en parle plus tellement les résultats semblaient aussi prévisibles et au bout du compte n'apportant rien de significatif pour redonner de l'espoir et apporter des solutions à la hauteur des enjeux et des dangers qui menacent. Une chose est sûre, malgré les apparences, le rideau de fumée, jamais la crise de régime n'a été aussi importante. Nul ne sait ce qui peut se passer dans les années ou les mois qui viennent. Que la crise financière mondiale frappe durement l'Europe, qu'à nouveau des émeutes éclatent partout en France avec cette fois-ci des morts parmi les forces de l'ordre ou la population, ou encore que les prix des matières premières ou alimentaires s'enflamment de façon disproportionnée et c'est tout le système qui peut menacer de s'écrouler du jour au lendemain.

Du chaos peut provenir la renaissance. Encore faut-il qu'une alternative véritable et crédible soit présente à ce moment et c'est à cela que le camp « NATIONAL » doit travailler dès maintenant, par delà ses différentes composantes et en oubliant l'accessoire pour se concentrer sur l'essentiel.
Sébastien JOLIVET

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